Les tutos de Gallica Studio : la linogravure à la maison !

Cet automne, Gallica proposait, en partenariat avec Joh Peccadille du blog Orion en aéroplane, des ateliers d'initiation à la linogravure à la BnF et au musée Jean-Jacques Henner. Les participants étaient invités à créer leur gravure en s’inspirant des collections de la bibliothèque numérique. Vous n’étiez pas là ? Nous vous offrons une séance de rattrapage pour vous adonner à la linogravure à la maison !

Qu’est-ce que la linogravure ?

La linogravure est une des techniques de l’estampe, qui consiste à creuser une plaque de linoléum au moyen de gouges. Le graveur épargne le motif et creuse les blancs. Encrée, la matrice permet d’imprimer de multiples exemplaires d’une même image. L’impression est inversée par rapport au motif gravé, comme pour un tampon. Si le matériau, le linoléum, date de la fin du XIXe siècle, le principe de la linogravure repose sur la plus ancienne technique de l’estampe connue, celle de la gravure en relief, dite aussi « en taille d’épargne ».

Pourquoi s’essayer à la linogravure ?

Cette technique est, de toutes les techniques de l’estampe, la plus abordable. Elle se pratique avec peu de matériel et est relativement facile à mettre en œuvre. C’est également un procédé généreux : dès le premier essai, le résultat est souvent satisfaisant. Pour faire de la linogravure, il vous faut : une plaque de linoléum, des gouges, du papier, de l’encre d’impression (à l’eau - spécifiquement pour la linogravure), un rouleau dur pour encrer et un baren ou une cuillère en bois pour l’impression. Tout ce matériel se trouve sans difficulté dans les magasins spécialisés en Beaux-Arts, pour moins d’une quarantaine d’euros. Sur son blog, Joh Peccadille vous recommande quelques produits qu’elle a pu tester.

S’inspirer de Gallica pour graver

« Je ne sais pas dessiner, je ne vais pas y arriver ! » Pas besoin de « savoir » dessiner pour s’essayer à la linogravure ! Vous pouvez recopier ou vous inspirer de motifs existants, en puisant par exemple dans Gallica. Sur Gallica, vous trouverez des millions d’images, dont des xylographies (gravures sur bois) : idéal pour se donner des idées ! Pour débuter, vous pouvez recopier une gravure médiévale ou une xylographie de Vallotton. Il suffit de décalquer les traits et de creuser les blancs.

Plus à l’aise ? Pourquoi ne pas juste s’inspirer des motifs glanés sur Gallica, pour, par exemple, créer son propre ex-libris ? De nombreux exemples ont été numérisés par la BNU de Strasbourg… Envie de créer une jolie carte de voeux ? Il y a certainement de beaux motifs de fleurs à emprunter chez Grasset ou Georges Auriol. L’éventail des possibles est infini ! Vous pouvez explorer les collections grâce au moteur de recherche ou bien vous laisser guider à travers les corpus mis en valeur sur le blog de Gallica et sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Pinterest).

Travail en cours par une participante à l’atelier « Gravez comme Vallotton » au musée Henner

Une linogravure pas à pas

Vous avez choisi le sujet de votre première linogravure ? Voyons ensemble les étapes de la réalisation.

1. Le report du motif. Si vous êtes à l’aise avec le dessin, vous pouvez directement tracer votre motif sur le linoléum, à l’aide d’un crayon ou d’un feutre indélébile. Attention à en choisir un qui ne bave pas, pour éviter de se salir les mains. Si vous souhaitez recopier une image trouvée sur Gallica, vous pouvez soit la décalquer à l’aide de papier calque soit la transférer à l’aide de papier carbone. Attention dans tous les cas à bien anticiper l’inversion du motif à l’impression : comme pour un tampon, le résultat imprimé sera en miroir de ce que vous aurez gravé. Gare aux textes éventuels donc !

   

Réalisation d’un ex-libris d’après Vallotton par Mélody, participante à l’atelier linogravure Gallica

2. La gravure. A l’aide de gouge, creusez les vides (blanc du papier) et épargnez les pleins (noir de l’encre / trait du motif). Attention, quand c’est creusé, impossible de revenir en arrière ! Mieux vaut ne pas trop en enlever au début et retoucher ensuite si nécessaire. Il faut tenir la gouge bien en main, et maintenir cette main parallèle à la plaque. Il n’est pas nécessaire de creuser profondément (surtout pas jusqu’au niveau de la toile de jute). Les gouges sont très coupantes, il faut donc prendre garde à ne pas déraper. La main qui maintient la plaque ne doit jamais se trouver dans la trajectoire de l’outil. Si besoin, utilisez un cale main pour vous protéger.

  

Deux participantes en train de graver lors de l’atelier « Gravez comme Vallotton »  au musée Henner

3. L’impression. L’impression nécessite l’emploi d’une encre spéciale (encre de linogravure ; l’encre à l’eau est recommandée dans le cadre domestique car elle ne tâche pas) et d’un rouleau dur (ne pas utiliser de rouleau en mousse, ils sont inadaptés). Il faut étaler l’encre sur une plaque (plexiglas, linoléum non gravé) puis, quand elle est bien répartie sur tout le rouleau, encrer de façon régulière la matrice gravée. Posez ensuite sur la matrice une fine feuille de papier vierge, et, à l’aide de la main, d’une cuillère en bois ou d’un baren, appuyez fermement pour que l’encre se dépose sur le papier. Du papier d’imprimante permet de faire des triages corrects, le papier japonais offre une plus grande finesse. Satisfait ? Vous pouvez procéder à plusieurs impressions. Pensez à bien re-encrer la matrice entre deux tirages ! Si vous voulez modifier la gravure parce qu’un détail ne vous plait pas, nettoyez-là puis reprenez vos outils !

    Encrage de la gravure d’une participante, lors de l’atelier linogravure au Musée Henner

4. Le nettoyage de la matrice se fait simplement avec une éponge humide. Il vaut mieux éviter de passer sous l’eau la plaque de linoléum, si la toile est mouillée, la plaque peut se déformer ! L’encre à l’eau sèche en une quinzaine de minutes. Quand votre gravure est terminée, n’oubliez pas de la signer et de la numéroter. Vous pouvez même la colorier à la gouache ! N’hésitez pas à nous envoyer des photographies de vos créations, nous serons très heureux de les afficher sur Gallica Studio !

Encore à convaincre ? Découvrez les belles réalisations des participants aux ateliers d’initiation à la linogravure de Gallica ! Pour aller plus loin : découvrez les billets consacrés à la linogravure sur le blog Orion en aéroplane, tenu par Joh Peccadille.

Mots-clé: 
DIY
linogravure

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